LES SYMBOLES LES MESSAGES POLITIQUES ET RELIGIEUX
LES RÉFÉRENCES MÉDAILLE À PATTE LES MESSAGES L'EGYPTE
L'AS DE NÎMES :
UNE ÉNIGME QUI SANS CESSE NOUS RENVOIT À UN BINÔME
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- Auguste et Agrippa
Auguste était un politique et Agrippa un militaire. Le premier regarde vers l’est et le second vers l’ouest, en s’appuyant l’un sur l’autre.
La représentation bicéphale d’Auguste et d’Agrippa se voulait dans la tradition des as de Vienne ou de Lyon frappés vers 36 av. J.-C. et qui montraient déjà les bustes adossés de Jules César et d’Octave/Auguste. Monnaies elles-mêmes inspirées par les bronzes au Janus bifrons (au double profil) de la république romaine. Il s’agissait donc pour Auguste de reprendre le mythe à son compte en s’appuyant sur la tradition et en s’en déclarant à la fois le dépositaire et l’héritier légitime incontesté.
Le mythe gemellaire était très présent dans le monde antique et pas seulement à Rome, fondée, comme le veut la tradition, par Romulus et Rémus. Le Dieu Janus au double profil existait aussi dans d’autres régions de l’Empire (dont la Gaule), y compris en Orient. Son mythe fondateur et protecteur était associé à un renouveau positif et compris ainsi par tous.
Quel symbole pouvait mieux représenter le passage d’une période trouble à une période de paix et de prospérité ?
- Le politique et le religieux
Les symboles évoqués sur l’as de Nimes mêlent intimement la propagande politique d’Auguste avec la puissante protection des Dieux. Notamment Apollon, auquel Auguste dédie sa victoire d’Actium. Auguste est lui-même divinisé. À cette époque, aucun politique ne pouvait prétendre à une légitimité s’il ne faisait pas participer étroitement les Dieux à ses décisions, à ses actes et à sa vie quotidienne. Il était d’autant plus important, dans les colonies romaines, de montrer la supériorité des Dieux romains sur les Dieux locaux - puisque la victoire était du côté des romains. Les barbares ainsi conquis, adoptaient peu à peu les cultes quitte à adapter les leurs en conséquence, en même temps que la culture de leur vainqueur.
- La guerre et la paix
Après de nombreuses années de guerres, l'Empire romain d'Orient et d'Occident était enfin pacifié, suite à la défaite d'Antoine et Cléopâtre à Actium. Auguste s'est employé à convaincre les populations de l'avènement d'un âge d'or, dont il se pose en artisan et en guide politique et spirituel, garant de la paix et de la prospérité.
- La terre et la mer
Auguste, après la victoire navale d’Actium, devint le maître absolu de l’Empire romain sur terre et sur mer.
Agrippa était Amiral de la flotte d’Auguste. Il porte tout naturellement autour de sa tête une couronne rostrale (navale).
Les revers des as de Vienne et de Lyon, ainsi que les revers des bronzes républicains au Janus bifrons représentent aussi des nefs. La force des symboles et leur importance dans le monde antique se mêlaient au quotidien et à la réalité. Ainsi les nefs étaient-elles apparentées à des sortes d’animaux fantastiques. La figure de proue était marquée par un oeil prophylactique (qui soigne) que l’on distingue au revers des exemplaires de l’as de Vienne présentés. Donc l’animal aquatique qu’était la nef était plutôt bienveillant et protecteur. Cette filiation dans les symboliques nous mène à comparer le crocodile des as de Nîmes, animal aquatique par excellence, à un navire dont le mât serait représenté par une palme plantée en son centre. La courbe générale que forme son corps rappelle une coque de bateau. Son oeil globuleux, souvent même exagérément, rappelle l’oeil prophylactique. La proue des navires de guerre, était armée d’un éperon utilisé éventuellement pour percer la coque et couler les navires ennemis. La gueule ouverte et garnie de dents du crocodile, singulièrement jusque sur sa mâchoire supérieure peut évoquer cette arme redoutable. Peut-être l’aspect du navire amiral Egyptien que commandait Antoine à Actium était-il personnalisé de la sorte ?
En haut du mat représenté par une palme, on distingue les fanions qui flottent habituellement aux mats des bâteaux, ainsi qu’une couronne.
- L’orient et l’occident
Après Actium, à l’échelle de l’Empire romain, l’Orient et l’Occident se voyaient enfin réunis pour un projet commun de développement grâce aux échanges pacifiques organisés par le pouvoir central de Rome, tout en respectant les spécificités des Provinces. Beaucoup de ces Provinces fournirent même des Empereurs de valeur à Rome. Les Provinces les plus fortes et les mieux gouvernées ont été les plus sûres alliées de Rome. Elles continueront à se développer après la chute de l’Empire, sur les valeurs qui leur furent transmises, pour former notre culture occidentale.
- Le chêne et le laurier
La couronne qui apparaît sur la tête d'Auguste sur le type III de l'as de Nîmes est constituée de feuilles de chêne. Sur le type IV, cette couronne est en feuilles de laurier. La couronne de chêne, ou couronne civique, est représentée aussi au revers, au sommet de la palme à gauche. La couronne civique de chêne marquait le fait que l'empereur était le garant de la quiétude et de la liberté des citoyens de Rome, mais aussi des citoyens de tout l'Empire. C'est à dire, en d'autres termes, de l'unité de l'Empire au travers de toutes les différences. Cette notion d'unité est très importante car elle passe par le pardon aux ennemis d'hier. Notamment, après la victoire d'Actium et l'annexion de l'Egypte, le pardon aux partisans de Marc Antoine vaincu. On célèbre ainsi, avec le symbole de l'unité civile que constitue la couronne de chêne, la mansuétude d'Auguste. Auguste agira toujours ainsi avec les peuples vaincus et annexés, pour les intégrer à l'Empire sans les humilier. Il n'en sera pas de même avec les chefs, jugés seuls responsables. Marc Antoine, après Actium, sera tourné en dérision par tous moyens. Son nom sera honni et sa réputation de héros du temps de sa gloire auprès de Jules César, n'aura de cesse d'être effacée des mémoires par Auguste. La couronne de laurier est celle du tiomphe, de la victoire totale.