VII - As ou dupondius ?
La notion "d'as" est très relative suivant les époques. L'as était à l'origine étalonné sur la livre romaine qui pesait 324 grammes jusqu'en 268 av. J.-C. C'était un lingot de bronze coulé. Puis l'as a été frappé et a progressivement diminué de poids pour ne peser que 13,5 g. en 18 av. J.-C. soit 1/24e de livre. En 28/27 av. J-C, les as de Nîmes de la toute première émission ressemblaient beaucoup dans leur style aux as de Vienne, de Lyon et d’Orange. C’étaient de gros modules (autour de 15 à 20 g. voire plus) et ces premières frappes étaient toutes de beau style. La tête d’Auguste est nue et juvénile. Ces bronzes du premier type sont rares car frappés sur une courte période. Il s’agit d’un dupondius (qui valait deux as). Les frappes officielles des types suivants étaient aussi des dupondius, même si les poids s'avèrent variables. Mais les nombreuses frappes gauloises ou dénaturées du type II, certainement destinées à une circulation locale, étaient souvent de poids fantaisiste, descendant jusqu'à moins de 6,5 g. As ou Dupondius, les avis divergent, considérant aussi que les deux modules ont pu cohabiter ; les frappes officielles en tant que dupondius et les imitations locales en tant que dupondius également, mais aussi as ou semis (?) semis en dessous de 6,5 g.
À l'époque d'Auguste, on manquait de monnaies de faible valeur, dites "monnaies divisionnaires". Les dupondius au crocodile ont donc été parfois coupés en deux, entre les bustes d'Auguste et Agrippa, pour diviser en deux la valeur de la monnaie. On a surtout procédé ainsi avec les monnaies de bronze aux types bicéphales (as de Vienne, Lyon...). On conservait ainsi un personnage sur chacune des deux moitiés. On a même quelquefois coupé en quatre ces monnaies. La réforme monnétaire d’Auguste a fait cesser ces pratiques. De fait, les monnaies aux types bicéphales, pourtant de longue tradition, n’ont plus été frappées après l’as de Nîmes, dans l’Empire Romain d’Occident.
VIII - Monnaie gauloise ou romaine ?
En Gaule, Auguste fit de l’atelier monétaire de Lyon, Capitale des Gaules, l’un des plus importants de l’Empire. Les monnaies gauloises, régionales ou locales par nature, (la Gaule n’était pas un pays constitué, mais un ensemble de tribus de culture celte) circulaient depuis un peu plus d’un siècle. Elles s’inspiraient déjà des monnayages de la République romaine ou Grecs. Ces frappes locales étaient considérées par les romains comme barbares. L’as de Nîmes, surtout le type II, portait nettement l’empreinte des graveurs Gaulois, bien qu'inspiré par les romains. Les deux frappes suivantes furent d’un style académique, plus proche des représentations figuratives habituelles des Romains, à l'instar du tout premier type, frappé sur une courte période (28/27 av. J.-C.). Le dupondius de Nîmes est donc une monnaie Gallo-romaine.
IX - Monnaie impériale ou provinciale ?
Les types I et II, dans la lignée des dupondius de Lyon, Vienne et Orange, ont été frappés pour circuler dans l'Empire (au moins les émissions officielles). Il s'agit donc d'un monnayage Impérial. Le type III a surtout circulé en Gaule intérieure et le type IV encore plus localement, au sud de la Loire (on en a bien sûr trouvés au nord de la Loire, mais très peu proportionnellement). Ces monnaies sont alors considérées comme provinciales.
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