LES SYMBOLES L'EGYPTE
LES RÉFÉRENCES MÉDAILLE À PATTE LES MESSAGES L'EGYPTE
LES ROMAINS, CONQUÉRANTS DE L'ÉGYPTE, SE SONT TOUT D'ABORD MOQUÉS DE CES DIEUX LOCAUX QU'ILS TROUVAIENT RIDICULES, LOIN DES APOLLON ET AUTRES VÉNUS QUI PEUPLAIENT LEUR PANTHÉON.

L’Egypte et ses curieux cultes faisait facilement la synthèse entre les représentations divines qui régissaient l’univers, mi-humaines, mi-animales : ainsi Horus à la tête de faucon, Amon à la tête de bélier, Anubis à la tête de chacal, Khépri à la tête de scarabée, Sobek à la tête de crocodile...et bien d'autres...

À l'époque d'Auguste, les cultes Égyptiens étaient déjà connus en Gaule. Les Grecs, qui ont fondé Massilia (Marseille) s'étaient imprégnés de la culture Égyptienne et avaient importés ses cultes en Gaule et dans une partie du bassin Méditerranéen. Cléopâtre VII, contemporaine de Jules César et d'Auguste, descendait de Ptolémée, général d'Alexandre le Grand, qui avait été placé par le conquérant à la tête de l'Égypte. Alexandrie était par ailleurs le plus grand port de la Méditerranée. Auguste s'inspira entre autres des obélisques Égyptiens, symboles solaires du pouvoir suprême et les intègrera à l'architecture urbaine de Rome.
L'Égypte, son architecture et ses cultes ont exercé une grande influence sur les romains. Ils y découvrent un animal inconnu pour eux : le crocodile. Les Grecs en avaient déjà fait le symbole de l'Égypte.

Hippolyte Bazin, dans son ouvrage "Nîmes gallo-romain" (1892) nous renseigne sur les vétérans des campagnes militaires de Jules César et d'Auguste qui, démobilisés, se sont vus attribuer des terres en Gaule du sud pour peupler les nouveaux territoires conquis. En particulier les villes.
- VIe légion : Arles ;
- Xe légion : Narbonne ;
- IIe légion : Orange ;
- VIIe légion : Béziers ;
- VIIIe légion : Fréjus.
Et Nîmes ?
Toujours d'après Hippolyte Bazin, ce sont les vétérans de la bataille d'Actium (2 septembre 31 av. J.-C.) qui auraient été démobilisés et installés à Nîmes. Ces troupes étaient composées de soldats romains, mais aussi, et peut-être surtout, de Grecs-Égyptiens. Des troupes auxiliaires que le soleil de Nîmes n'a pas dû trop dépayser. Ce sont eux qui ont apporté leurs cultes avec quelques divinités Égyptiennes de première importance (Isis, par exemple dont on trouve mention sur quelques tombes nîmoises). Ces dieux importés viennent alors grossir les rangs des dieux lares du panthéon romain. Ces dieux "secondaires" de circonstances étaient ainsi intégrés au culte officiel, au sein des familles qui le choisissait et à condition qu'ils soient associés à Auguste, lui même divinisé de son vivant. Tout le monde y trouvait son compte : les populations dont une telle ouverture facilitait l'intégration (à leur nouveau pays et à la culture latine) et l'empereur dont de telles pratiques entretenaient la propagande. Auguste, en retour, a doté Nîmes de multiples bienfaits, avantages et ouvrages publics prestigieux.
Le dupondius/as de Nîmes au crocodile est teinté de ce mélange culturel, cultuel, militaire, politique... Il symbolise et concrétise le creuset d'une période de mutations profondes qui a engendré notre identité d'aujourd'hui. Les cultures celte, grecque, romaine, égyptienne se sont enrichies mutuellement. C'est le cas dans toute la Gaule, mais Nîmes a bénéficié d'un peu plus d'exotisme en souvenir d'Actium.