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De quel alliage est composé un dupondius/as de Nîmes ? Les alliages utilisés lors des frappes de l'as/dupondius de Nîmes sont très variables. Il faut, pour évaluer les tendances se resituer dans le contexte : Les premières frappes ont commencé à partir de 28-27 av. J.-C., époque charnière pour le monnayage entre la fin du système républicain et le début du système augustéen. À la base, son alliage est composé de cuivre, d'étain et de plomb. Intéressons-nous aux variations étain-plomb, en laissant de côté le cuivre : 1er temps : (40-36 av. J.-C.) 2 % d'étain + 18 à 30 % de plomb. Les as de Narbonne et beaucoup de bronzes de Lyon. 2e temps : (38-36 av. J.-C.) 4 % d'étain + 10 à 17 % de plomb. Les bronzes frappés en Italie et quelques bronzes de Lyon. 3e temps : (36-28 av. J.-C.) 7 % d'étain + 3 à 12 % de plomb. Les bronzes de Vienne et les premiers dupondius de Nîmes. 4e temps : (31-27 av. J.-C.) 9 % d'étain + 0 % de plomb. Les bronzes d'Orange et les premiers dupondius de Nîmes : certainement des types 1 au crocodile, mais aussi certaines des toutes premières frappes du type 2, avec Agrippa barbu. La tendance montrait jusque là une augmentation de l'étain et une diminution du plomb qui disparaît pratiquement. Les années qui vont suivre, la tendance va s'inverser. La teneur en plomb du monnayage au crocodile va rapidement augmenter, en faisant "un bond" à partir de 16-10 av. J.-C. avec la réforme monétaire d'Auguste pour dépasser 10 % de plomb. Le volume de monnaies produit à cette époque explique la baisse de qualité de l'alliage, ainsi que de nombreux styles de gravures hâtifs. Reste la nature du cuivre utilisé : on y associe souvent de l'antimoine, de l'arsenic, et même un peu d'argent, ce qui donne un aspect gris au cuivre. Le cuivre extrait des mines du sud du Massif Central a cet aspect . On constate 100 fois plus d'antimoine et d'argent sur les alliages Gaulois comparativement aux alliages Italiens. Le type 3 des dupondius de Nîmes marque une stabilisation vers 9-8 à 3 av. J.-C. à la fois pour les poids, la qualité des alliages et les styles qui retrouvent une très belle tenue. Le dupondius au crocodile à ce moment n'est plus une monnaie impériale, mais s'est replié sur un statut de monnaie locale. Il est supplanté dans son rôle de monnaie impériale par le monnayage à l'autel de Lyon. Le pourcentage de plomb se situe alors entre 1 et 2,5 %). Le type 4 conservera ces qualités. Ces informations sont issues de l'étude métrologique dont rendent compte Paul-André Besombes et Jean-Noël Barrandon : "Les dupondii de Nîmes, datation, diffusion et nature du métal utilisé". |
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Quelle est la cote d’un dupondius/as de Nîmes ? |
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| L'as (dupondius) de Nîmes : monnaie courante ou monnaie rare ? Une monnaie frappée durant quarante ans et qui a circulé un siècle peut-elle être qualifiée de monnaie rare ? La réponse est à la fois facile et difficile. On peut dire qu'à l'intérieur d'un monnayage courant par ses constantes, un certain nombre d'exemplaires se distinguent : - RARES sont les frappes originelles, proches des types de Vienne, Lyon, Orange (?) de la même époque, caractérisées par des flans relativement lourds et des gravures de style "classique". Peu d'exemplaires nous sont parvenus. Ils ont été produits sur une courte période (28-27 av. J.-C.) ; - RARISSIMES sont donc ces exemplaires quand ils apparaissent aujourd'hui dans un état de conservation TTB+ à Superbes ; - De RARES à RARISSIMES également sont certaines imitations gauloises de ce monnayage "à succès" tant reproduit, souvent en petit nombre pour chaque série, par des gaulois qui y ont ajouté leur touche personnelle. La rareté est d'autant plus avérée par le degré de qualité du peu d'exemplaires qui nous sont connus. - De RARES à RARISSIMES peuvent être certaines contremarques exceptionnelles, voire uniques, ou des particularités de détails qui sont la marque des artistes-graveurs. Nous en avons quelques exemples sur ce site où chaque monnaie est analysée avec ses particularités. Alors, du monnayage de Nîmes au crocodile, que reste-t-il de "COURANT" ? - LE THÈME : il est immuable et les éléments en présence ont peu varié au cours du temps. Citons les principales évolutions, qui ne sont que le reflet d'une actualisation. - Agrippa, barbu lors des premières frappes, a vu sa barbe rasée assez rapidement (les premières frappes du type II montrent encore sa barbe). - L'ajout d'une couronne de laurier qui coiffe Auguste paraît en 9 avant J.-C. (type III). - La couronne de laurier se transforme en couronne de feuilles de chêne (type IV). - L'ajout des lettres PP (Père de la Patrie) de part et d'autre des bustes (type IV). La monnaie au crocodile, pour autant, a été frappée globalement à un nombre d'exemplaires considérable pour l'époque, tous styles confondus, y compris les imitations gauloises qui circulaient aux côtés des frappes officielles. Il existe donc beaucoup d'exemplaires à la facture "banale" et de conservation médiocre. Passons sur les accidents de frappes (frappe incuse par exemple) qui, pour être rares ne présentent pas d'autre intérêt que la rareté de la maladresse ou de la distraction des opérateurs. Certains collectionneurs les recherchent et on peut donc les qualifier de RARES… La rareté peut venir simplement de l'état d'une monnaie qui montre une fraîcheur de frappe peu commune malgré ses 2 000 ans et une patine irréprochable… C'est la prime à la beauté. Jean-Pierre Terrien |
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