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LES CONTREMARQUES
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Pourquoi collectionner des monnaies ? Et pourquoi les monnaies antiques ? Les romaines ?.. et finalement les monnaies de Nîmes ?
Chacun a ses raisons... et ses coups de coeur que la raison ignore, sauf à être limité par ses moyens financiers.
Approche esthétique : finesse de la gravure, beauté des portraits et témoignages émouvants d’une période qui a posé les fondations de notre civilisation. Expression artistique très figurative ou stylisée. Vanité des ambitions humaines face au temps qui passe dans les représentations figées des Empereurs et de leurs compagnes qui ont bien souvent mal fini.
Les Grecs ont poussé très loin l’art de la monnaie par une maîtrise de la gravure qui a produit beaucoup de petits chef-d’oeuvres dont le monde Romain s’est, entre autres choses, largement inspiré .
Témoignages aussi d’un savoir-faire au service d’une communication. Surtout à partir d’Auguste, la monnaie véhiculait le portrait de l’Empereur et sa propagande à travers une multitude de symboles. Il existait à l’époque bien peu d’autres supports qui pouvaient s’adresser à un ensemble de peuplades plus ou moins barbares et illétrées qui constituaient l’Empire. Seuls l'architecture et l'art pouvaient communiquer ainsi. C'est à dire tout témoignage visible par tous dans le quotidien.

La monnaie avait aussi un rôle fédérateur, donc politique, par la valeur étalon des teneurs en alliages précieux et leurs subdivisions relatives à la livre. Une monnaie forte, non altérée, était le symbole d’un Empire fort, sur lequel on pouvait s’appuyer en confiance et qui pouvait servir de référence, voire de modèle, jusque dans sa dimension culturelle.
Souvent donc, les monnaies antiques grecques et romaines ont servi de modèles aux peuples de l’empire (dont les Gaulois) qui ont procédé à des frappes locales qui imitaient, parfois grossièrement, souvent avec talent, les représentations et effigies devenues populaires. On a un bon exemple de cette inspiration avec "l’as de Nîmes", frappé en Gaule pendant près de quarante ans, imité pendant dix à vingt ans et qui a circulé pendant plus d’un siècle avec une multitude de variantes. "L’as de Nîmes" a ainsi rencontré un grand succès tant en Provence que dans le reste de la Gaule et dans l’Empire. Mais ce n’est pas pour autant un "OVNI". Tout original qu’il fût, l’as de Nîmes s’inscrit dans la plus pure tradition de symboles éprouvés depuis déjà longtemps à Rome depuis la République ou même en Gaule Narbonnaise. Sa force d'évocation s'explique de diverses manières, suivant l'angle sous lequel on le considère. Plus qu'une étude, le but de ce site est justement de partager l'intérêt et les interrogations que peut susciter le dupondius au crocodile, dit "as de Nîmes".
Ses ambigüités viennent aussi beaucoup de ce qu'il ait été frappé à une époque charnière de l'Histoire, et qu'il en porte les messages.

Les faits marquants, militaires ou civils, ornaient le revers des monnaies, tout comme les symboles religieux ou culturels... Sans oublier la promotion personnelle de l’Empereur : ses voyages, ses faits d’armes et conquêtes, ses Grands travaux de génie civil, sa famille...
Un autre message essentiel était transmis par la monnaie : la préoccupation fondamentale de légitimité que le nouvel empereur revendiquait, proclamait et voulait incontestable. Tous les nouveaux empereurs ont eu cette démarche en frappant monnaie de frapper aussi les esprits. C'est la raison pour laquelle, même des empereurs éphémères ont laissé au moins la trace de leur passage sous forme de monnaies.
Dans le cas d'Octave, après une guerre de succession de 14 ans, il lui était important de marquer sa victoire au vu et au su de tout le monde antique sur les autres prétendants à la succession de Jules César dont le dernier, Marc Antoine, avait été vaincu à Actium. Par la monnaie, bien sûr, c'est la force même, en particulier, du message de l'as de Nîmes.
Octave abandonne alors son propre nom pour celui d'Auguste et transforme le nom de César en titre après avoir divinisé son illustre prédécesseur. Octave avait été adopté par Jules César. Il se proclame donc "fils du divin" (DIVI F sur l'as de Nîmes)... et devient donc divin lui-même.

On ne peut tout collectionner. Chacun fait ses choix. Quelques époques, quelques thèmes ou les variantes d’un monnayage, suivant sa sensibilité ses moyens ou ses opportunités. L’essentiel étant d’y prendre plaisir. La recherche d’un exemplaire, de la documentation qui fera revivre le contexte de sa frappe, les échanges avec d’autres collectionneurs, font aussi partie intégrante du plaisir.
Les monnaies antiques ont ceci de particulier qu’elles sont frappées à l’unité, au marteau, de façon totalement artisanale, avec plus ou moins de force, d’habileté, avec des centrages de motifs approximatifs, des coins présentant divers degrés d’usure, sur des supports (flans) de métaux très variables. Ce qui les rend pratiquement toutes uniques en leur genre. Leur beauté et leur valeur dépend de tous ces facteurs, avec en plus leur rareté et leur état de conservation 15 à 20 siècles - ou plus- après avoir été frappées : c’est tout le contraire d’un objet manufacturé, standard et impersonnel.



Le système monétaire romain à l'époque d'Auguste :
1 auréus = 25 deniers
1 denier = 4 sesterces
1 denier = 10 as
1 sesterce = 2,5 as
1 dupondius = 2 as
1 as = 2 semis
1 as = 4 cadrans
1 semis = 2 cadrans

L'auréus correspondait à la solde mensuelle d'un légionnaire.