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| TYPE II - page 3 |
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T.II-6 AUGUSTE et AGRIPPA
Avant 9 av. J.-C. As de Nîmes (Gaule) frappé pour commémorer la victoire d’Actium
IMP DIVI F Référence au divin César.
COL NEM - COLonia NeMausus (province de Nîmes)
Crocodile enchaîné à une palme. TTB
Patine gris foncé. Poids : 11,02 g. Diamètre 24 mm.
Ce bronze de Nîmes est particulièrement intéressant et rarissime. Sur ce site où apparaissent environ 70 as/dupondius de nîmes, c'est certainement l'exemplaire le plus étonnant... et le plus Gaulois. Agrippa est représenté barbu. Les bustes sont très stylisés, de même que le crocodile. Jolie monnaie, aux motifs complets et bien centrés. |
Les imitations
Les études érudites réalisées sur le thème de "l'as de Nîmes" ou "dupondius au crocodile", ont considéré la plupart du temps les seules frappes officielles, occultant presque totalement les "imitations".
On pourrait disserter longtemps sur le fait que les frappes romaines "de beau style", mettent en évidence l'aspect frustre des monnaies gauloises. Celles-ci sont aussitôt qualifiées, péjorativement et avec condescendance de "barbares", et un peu méprisées comme tel.
On découvrira assez tardivement que les monnaie gauloises (et plus largement Celtes), font appel à un sens des symboles et à une capacité d'abstraction extraordinaires, développés justement parceque ces peuples ne possédaient pas d'autre écriture. Ce sont ces talents, conjugués avec les apports de la civilisation gréco-romaine d'importation, qui serviront de terreau à notre culture.
Le dupondius au crocodile, a été frappé à une époque charnière, sur un territoire nouvellement pacifié et en plein développement (la Gaule Narbonnaise). Il a été frappé au carrefour de deux civilisations, Celte et Romaine, et de deux époques : celle des guerres de conquêtes et de succession au pouvoir et à la légitimité, et celle d'un "âge d'Or" marqué par la Paix, socle du développement économique .
La victoire romaine d'Actium (septembre 31 av. J.-C.) marque la fin d'une guerre de succession entre Marc Antoine et Auguste qui aura duré 14 ans. Une période de paix qui ouvre alors toutes les voies des échanges et du commerce entre les peuples. Dans cet esprit, le dupondius au crocodile ne peut pas être analysé comme une monnaie comme les autres, sous le seul angle de vue des conquérants romains, initiateurs des frappes officielles.
Le commerce étant devenu florissant, le manque de monnaies de faible valeur s'est fait sentir. Au point que l'on coupait en deux ou en quatre les as de Nîmes (et d'autres monnaies), pour diviser leur valeur d'autant.
Les gaulois frappaient depuis déjà longtemps des petits bronzes de faible valeur qui coexistaint avec les monnaies romaines. Ils ont donc continué en imitant le dupondius au crocodile sur des modules plus petits (1 dupondius = 2 as). Il s'est même frappé des modules d'environ 6 grammes, proches du poids des semis (1 as = 2 semis). Comme à leur habitude, les gaulois n'ont pas copié servilement les graveurs romains : ils se sont appropriés le thème en apportant leur vision. Ils ont en particulier mis l'accent sur le côté caricatural du crocodile qu'ils identifiaient probablement à Marc Antoine pour s'en moquer. Ceci expliquerait pourquoi les dents de l'animal sortent de sa mâchoire supérieure, et son museau se trouve retroussé à l'image du rostre des galères sur les exemplaires "gaulois".
C'est l'interprétation proposée par Gaston Amardel en 1908 (voir notre bibliographie sur ce site).
On ne devait donc pas confondre, à l'époque, le dupondius officiel avec les as imités localement, qui remplissaient leur fonction de "petite monnaie".
Progressivement, la monnaie officielle devenant suffisante, ces frappes gauloises disparaîtront. Les types III et IV de la monnaie au crocodile seront alors très peu imités. Naturellement, sur ces types, n'apparaissent pas les éléments tels que les dents exagérées du crocodile, ni son museau en forme de proue de navire qui ont dû tant amuser les gaulois. |
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T.II-7-AUGUSTE et AGRIPPA
Avant 9 av. JC.
Semis de Nîmes (Gaule)
frappé pour commémorer
la victoire dActium
IMP DIVI F
Légende hors champs.
Référence au divin César.
COL NM
COLonia NeMausus
(province de Nîmes)
Crocodile au pied d'une palme.
Deuxième émission
RRR TTB
Poids : 6,20 g. Diam. 22/23 mm |
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Semis de Nîmes au crocodile
Têtes adossées dAuguste (à droite) et Agrippa (à gauche).
Le poids de cet exemplaire est exceptionnellement faible : 6,20 grammes, pour un diamètre de 23/24 mm. Un as pèse habituellement autour de 12 g.
À cette époque, on manquait cruellement de petites monnaies divisionnaires. À tel point que l'on cassait couramment les as de Nîmes en deux pour diviser leur valeur par deux (voire par quatre).
Les as de Nîmes se prêtaient particulièrement à cet exercice, il suffisait de les casser entre les 2 bustes (à l'image des as de Lyon, Vienne ou Orange que l'on cassait aussi fréquemment en deux entre les portraits de César et Octave).
chacune des moitiés pesait donc environ 6 grammes, soit à peu près le poids de la monnaie présentée ci dessus. Cette monnaie serait donc un demi as, soit un semis ?
On a pu, à l'époque, frapper directement quelques séries de semis, plutôt que de continuer à casser en deux les as de Nîmes. C'est assez probable si on considére que "nécessité fait loi". Surtout, une monnaie aussi populaire a pu se décliner en fonction des besoins. On a un exemple similaire avec le bronze d'Auguste "à l'autel de Lyon", monnaie également très populaire, qui s'est déclinée officiellement en sesterces, as et semis vers la même époque, et même plus tard, à l'effigie de Tibère.
Il faut aussi tenir compte du fait que le présent exemplaire n'est pas une monnaie officielle, mais une imitation gauloise. Quant-à l'esthétique, visiblement, ce n'était pas la principale préoccupation des graveurs de cette monnaie.
Les portraits sont frustres : les traits des personnages sont lourds, les cheveux épais, les nez forts, les pommettes saillantes et le menton d'Agrippa en galoche (à moins qu'il ne s'agisse d'une barbe qui lui allonge le menton ?). De vrais caricatures ! Au revers, la chaîne qui lie habituellement le crocodile à la palme est absente, bien que le collier figure nettement.
Malgré celà, la monnaie est agréable : les portraits sont bien centrés et complets et le revers très lisible. L'usure est régulière. Le flan est un peu court et occulte une bonne partie de la légende de l'avers.
Le type 2 présente une grande variété de coins, en particulier des imitations gauloises dont on ne connaîtra jamais le nombre. Il est probable que ces frappes, souvent très dénaturées, ont été produites et ont circulé localement en petit nombre. Il manque une partie des légendes et des motifs du pourtours, comme si on avait utilisé un coin trop grand pour le flan : par exemple un coin destiné à un as (?).
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T.II-8-AUGUSTE et AGRIPPA
Avant 9 av. JC.
Semis de Nîmes (Gaule)
frappé pour commémorer
la victoire dActium
IMP DIVI F
Légende hors champs.
Référence au divin César.
COL NEM
COLonia NEMausus
(province de Nîmes)
Crocodile au pied d'une palme.
TTB+
Poids : 8,03 g. Diamètre 21 mm |
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Semis de Nîmes au crocodile
Têtes adossées dAuguste (à droite) et Agrippa (à gauche).
Semis très rare et particulièrement beau. Ce petit module, guère plus grand qu’un denier, est pourtant assez lourd pour son diamètre car de flan épais : plus de 2 mm. par endroits. Cette monnaie a été frappée sur un flan obtenu à l'emporte pièce. Le crocodile, très caricaturé avec sa bosse crânienne, ses dents exagérées et ses pattes d’insecte, présente un fort relief. Il s’agit bien sûr d’une frappe gauloise. On distingue un trait légèrement marqué entre les portraits, caractéristique des monnaies que l’on se préparait à couper en deux pour diviser leur valeur par deux. Ce bronze a échappé à cette amputation et nous est parvenu ainsi sans trop subir les outrages du temps.
Jolie patine marron clair. On ne connaît pas de semis de Nîmes de frappe officielle. Ceux-ci étaient destinés à une circulation locale et étaient tolérés comme tels par les autorités, tant la petite monnaie divisionnaire manquait. |
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