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| TYPE II - page 1 |
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| Les frappes du Type II se caractérisent par une très grande variété de coins. Les modules sont de poids très variables. Ce type a été très imité par les graveurs Gaulois qui s'en sont donnés à coeur joie localement et ont aussi frappé des petits modules (semis ?) de 6-7 g. environ. |
Hormis les différences de styles, quelques spécificités marquantes caractérisent certaines représentations.
Voir tableau ci-contre
Si on peut classer les dupondius/as de Nîmes en 4 catégories, force est de constater que les monnaies au crocodile que l'on range dans le type II sont pour le moins très disparates. Elles succèdent naturellement au type I qui a été frappé sur une très courte période (28-27 av. J.-C. environ), qui était de beau style, à l'image des dupondius d'Orange, Lyon et Vienne, et d'un poids voisin.
À l'intérieur même de ce type II, on distingue des styles de gravures assez distincts qui peuvent être le fait d'ateliers différents et aussi d'une évolution dans le temps. |
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| Particularités possibles du type II |
Avers
- Agrippa barbu.
- Lettres bouletées
- Points entre les lettres.
- Bustes touchants à leur base.
- Visages très allongés et nez forts.
- Personnages aux traits épais
- Cous longs.
- Pointillés au dessus des têtes (cimier).
- Coiffures hirsutes.
Revers
- Crocodile au très petit corps.
- Absence de chaîne.
- Lettrage approximatif.
- Palme très désaxée par rapport à sa base. |
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Caractéristiques constantes du type II
- Auguste tête nue.
- La palme forme à sa base un "Y" renversé.
- Dents du saurien au dessus de la mâchoire.
- Sorte de corne à l'extrémité du museau du crocodile. |
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Ces particularités, volontaires ou non, ne suffisent pas à créer clairement d'autres typologies, puisqu'elles se combinent parfois entre elles selon, à priori, aucune logique établie, aussi les a-t-on regroupées dans le type II. Tout juste peut-on lister le fruit de nos observations et croiser les données. |
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T.II-1 AUGUSTE et AGRIPPA
Avant 9 av. J.-C.
Dupondius de Nîmes (Gaule) frappé pour commémorer la victoire d’Actium
IMP DIVI.F Référence au divin César.
COL NEM
COLonia NEMausus (province de Nîmes)
Crocodile enchaîné à une palme. Poids : 12,03 g. Diamètre 27 mm.
Têtes adossées d’Auguste (à droite) et Agrippa (à gauche). Les portraits, qui représentent des hommes jeunes sur cet exemplaire, sont de très beau style : académique à l'image des frappes du dupondius au crocodile du premier type (frappés vers 28-27 av. J.-C.), d'inspiration gréco-romaine. Agrippa est barbu, les lettrages des légendes fins et bouletés sont caractéristiques des premières frappes de ce monnayage, avant les multiples imitations qui émaillent le type II où les lettres ne sont pas toujours bouletées et Agrippa pas toujours barbu. Une monnaie sans nul doute générée dans les toutes premières années du monnayage au crocodile par un graveur très talentueux qui a été capable de travailler de façon fine les reliefs des visages et les détails, telle la couronne rostrale d'Agrippa. Les bustes de ce style longiligne ont été imités par la suite de façon plus élémentaire durant de longues années par les graveurs, officiels ou non, qui ont générés les frappes de type II sur des modules plus petits. Peut-être est-on en présence ici d'une frappe qui a servi de prototype au type II ? La notion de prototype, destiné à être copié, va de soi quand on initie une série, mais concernant un monnayage frappé au cours de 2 générations et qui a évolué, il a été nécessaire à plusieurs étapes de cette évolution de refixer les bases, de poids lors de la réforme monétaire d'Auguste, mais aussi de styles à des moments charnières. Par exemple, le style initial, frappé sur une courte période avec les principes des monnayages de bronze de Vienne, Lyon, Orange, par des graveurs de grand talent, s'est rapidement dénaturé devant l'abondance de la demande. Au point qu'il est parfois délicat, voire impossible, de reconnaître les frappes officielles des imitations. Il a donc été forcément procédé à un "recadrage" à un moment donné. La transition entre les types I et II n'est pas aussi bien définie que pour les 2 types suivants. Pour le type III qui voit la tête d'Auguste couronnée, c'est une évidence : le style redevient académique avec assez peu de variantes (sauf exception) et la quasi disparition des productions d'imitations. Ce type III a été rétrogradé au rôle de monnaie de Province au profit du monnayage à l'autel de Lyon qui lui a ravi son statut de monnayage impérial. Puis les frappes de la monnaie au crocodile ont été interrompues de 3 av. J.-C. à 10 après J.-C. (?). Date à laquelle on a redéfini un style plus en accord avec l'époque. À tel point que certains numismates pensent que les frappes de type IV de dernière génération ont perduré jusqu'à Néron (monnayage de restitution ?).
Sur cet exemplaire, la frappe de l'avers et du revers sont bien centrées, mais le flan est trop court pour faire apparaître le grénetis, hormis très légèrement devant le profil d'Auguste. Les bords ont été limés , sans doute pour éliminer les imperfections des flans coulés, ce qui est caractéristique de ce monnayage, faisant apparaître des rayures sur les motifs, à peu près au niveau des légendes. Les traces de lime sont très visibles sur les 2 faces du biseau formé par la lime sur tout le pourtour. L'usure du temps arrondit quelque peu la tranche, mais les arêtes formées avec la surface après limage sont bien nettes. La palme du revers est presque droite et les proportions du crocodile "ramassées". La frappe un peu décalée du revers montre l'existence du grénetis. On aperçoit une fine chaîne qui relie le collier du crocodile au sommet de la palme. Sur les types I, la chaîne est beaucoup plus présente, ce qui s'explique si on considère qu'elle traduit un symbole essentiel du monnayage initial au crocodile : celui de l'Egypte assujettie au pouvoir de Rome et d'Auguste. On constate souvent que la gravure du revers au crocodile fait l'objet de moins d'attention que l'avers. Par ailleurs, le coin fixe (l'avers), s'usait beaucoup moins vite que le coin mobile (le revers), ce qui fait qu'on gravait davantage de revers que d'avers. Cet exemplaire est à classer dans les toutes premières frappes du type II.
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