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| Les as de Nîmes de la toute première émission s’apparentaient dans leur style aux as de Narbonne, Vienne, Lyon et d’Orange. C’étaient de gros modules et ces premières frappes étaient de beau style. La tête d’Auguste est nue. Une des particularités de cette série réside dans le fait qu’Agrippa est barbu. Ces as du premier type sont rares car frappés sur une courte période (28-27 av. J.-C. environ). Les émissions qui suivirent furent frappées sur des modules de poids très variables et le style se dégénèrera rapidement. Les coins varièrent beaucoup, jusqu’à être souvent de facture grossière en ce qui concerne surtout les nombreuses imitations du type II jusqu’à 9 av. J.-C. (les imitations sont encore plus difficiles à dater). |
| TYPE I - page 1 |
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T.I-1- AUGUSTE et AGRIPPA À partir de 28/27 av. J.-C.
Dupondius de Nîmes (Gaule) frappé pour commémorer la victoire d’Actium (2 septembre 31 av. J.-C.).
IMP DIVI F Référence au divin César.
COL NEM - COLonia NEMausus (province de Nîmes). Crocodile enchaîné à une palme.
Poids : 16,90 g. Diam : 26 mm. |
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Têtes adossées d’Auguste (à droite) et Agrippa barbu (à gauche). Belle patine noir brillant. Un exemplaire de poids lourd, avec une tranche épaisse et limée en biseau. les flans étaient coulés avant d'être frappés, on devait alors les rectifier à la lime. Ce dupondius, issu des toutes premières frappes de la monnaie au crocodile se classe dans le type 1 sans hésitation. |
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Contrairement à une idée parfois répandue, les toutes premières frappes sont de très beau style, dans la lignée des dupondius de Vienne, Orange et Lyon, qui bénéficiaient très probablement du savoir-faire des graveurs Grecs. Mais ces premières frappes ont été émises sur une très courte période, (28/27 av J.-C.) et vite dénaturées localement par une abondante production, (grosso-modo le type II). Un détail très intéressant ci-dessus : la présence d'une couronne au sommet de la palme et d'un serpent à droite. Les émissions au crocodile vont rapidement se dénaturer et la couronne parfois disparaître, et le serpent sera interprété par les archéologues et numismates des 18e et 19e siècle, comme étant des rubans flottant au sommet de la palme. Les frappes qui suivront celle-ci de près, sont classées dans le type II, qui comporte par ailleurs beaucoup d'imitations Gauloises. On retrouvera la couronne et les serpents sur le type III, mais encore plus explicitement sur le type IV. Ce type I est de poids lourd, mais les poids ne sont pas un critère suffisant pour attribuer la monnaie au crocodile au type I ou II car les limites sont floues et les amplitudes de poids trop importantes pour le type II. Nous retiendrons donc les critères de styles pour effectuer la séparation entre les types I et II, sachant que le type I est toujours de poids relativement lourd.
Ceci justifie une classification en 4 types. On ne peut plus mélanger les toutes premières frappes avec toutes les autres où Auguste est représenté la tête nue dans un seul groupe. La difficulté était de mettre une limite claire entre les types I et II "à tête nue".
Cette mise au point était nécessaire, notamment vis-à-vis des numismates qui font le choix de ne considérer que 3 types de dupondius de Nîmes, comme préconnisé il y a encore peu d'années. |
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T.I-2- AUGUSTE et AGRIPPA
A partir de 28/27 av. JC.
Dupondius de Nîmes (Gaule)
frappé pour commémorer
la victoire dActium
IMP DIVI F
Référence au divin César.
COL NEM
COLonia NEMausus
(province de Nîmes)
Crocodile enchaîné à une palme.
Première émission
TTB+ : Poids : 18,06 g.
Diam : 27/27,5 mm. |
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Un superbe exemplaire très représentatif du type 1, de très beau style. L'avers est frappé du même coin que la monnaie T1-1 au dessus. Merci à A.C. pour le prêt de cette photo.
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Les toutes premières frappes de la monnaie au crocodile de Nîmes étaient d'un poids relativement lourd qui a très rapidement diminué. Un autre élément nous amène à bien différencier ces toutes premières frappes avec Auguste tête nue des suivantes : elles étaient d'un style particulièrement élégant (inspiré des modules de Vienne, Lyon et Orange), qui s'est rapidement dégradé. Hypothèse : le lancement de ce monnayage de Nîmes a été assuré par les mêmes graveurs de grand talent, habituellement utilisés pour la gravure des monnayages d'argent et d'or. Des artistes probablement venus de Rome, voire des artistes grecs, auxquels Rome avait recours pour leur savoir-faire. Ces graveurs ont rapidement passé la main à des graveurs locaux moins talentueux pour pérenniser le thème au crocodile. Par parenthèse, les frappes de Lyon, Vienne et Orange ont été produites sur une courte durée. Les coins s'usant très vite, il était besoin de former rapidement d'autres graveurs sur place à Nîmes. N'oublions pas que les monnaies de bronze étaient de peu de valeur et étaient considérées comme de la "petite monnaie", qui ne servait que peu ou pas aux grands échanges commerciaux entre régions de l'Empire. À tel point que le pouvoir, qui n'était pas en mesure d'assurer ces frappes locales suffisamment, tolérait à cette époque la circulation de bronzes gaulois frappés localement, dans des officines plus ou moins légales. Les effigies étaient parfois assez élémentaires (imitations).
En résumé, les toutes premières frappes du dupondius au crocodile, de poids lourd auxquelles on associe un style de gravure élégant, ont été si rapidement supplantées par des frappes sur de plus petits modules (peut-être des as), au style moins académique, que les anciens numismates des 19e/début du 20e siècles qui nous servent de références, n'ont pas vraiment différenciés les modules des premières frappes, en considérant que tous les "as de Nîmes" montrant Auguste tête nue étaient de type I. Tout juste certains concèdent-ils les modules lourds comme une variante, au même titre qu'Agrippa barbu. Ce qui apparaît un peu juste, si on y associe une qualité de style vraiment marquée. Ces différences évidentes de poids et de styles associées, scindent clairement en deux le type I reconnu par les anciens numismates (qui reconnaissent au total 3 types et non les 4 qui semblent aujourd'hui de ce fait admis par la plupart). Il est probable que cet afinage résulte en grande partie de l'accès facile à de nombreuses images publiées sur les catalogues de ventes et sur internet, qui nous permet d'étudier beaucoup d'exemplaires, de croiser les données rapidement et d'échanger nos points de vues et expériences. À quoi s'ajoutent de nombreuses trouvailles dues aux prospecteurs amateurs, munis de détecteurs de métaux devenus performants, quoi que l'on pense de leur légitimité. |
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