LA MONNAIE LES CONTREMARQUES
LES FAUX CONTREMARQUES
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LES CONTREMARQUES (suite 2)
Contremarques de banquier ou de changeur
ANC-8- As de Nîmes du type 2 avec de petites marques de banquier ou de changeur, faites avec un petit burin : 2 marques en forme de "V", (une à la base du buste d'Agrippa, l'autre sur l'oreille d'Auguste), et une autre marque en demi lune à la base du cou d'Auguste. Patine noire, flan large. Poids : 12,83 g. Diamètre 26 mm.
Pour interpréter les marques de changeur sur cette monnaie, il est important de resituer le contexte historique et économique dans lesquels cette opération s’est effectuée.
L'Empire, nouvellement pacifié depuis la bataille d'Actium (2 septembre 31 av. J.-C.) après 14 ans de guerre civile pour la succession de Jules César, a vu son commerce se développer à grande vitesse et son besoin en monnaie devenir problématique. Comme le métal manquait et que, malgré tout, la production de monnaie restait très artisanale, l'administration n'avait pas les moyens de combler rapidement les manques. C’est à cette époque que les contrefaçons se sont développées en Gaule. Les échanges commerciaux importants à travers l’Empire se faisaient surtout par l’intermédiaire de monnaies en métal précieux : or et argent, symboles du pouvoir central et objets de toutes les attentions : on surveillait de très près les teneurs en métaux précieux et les conttôles étaient suivis par les banquiers et autres changeurs qui apposaient leurs marques, véritables cautions du bon aloi des monnaies échangées entre régions de l’Empire. C’est pourquoi ce sont surtout ces monnayages qui sont marqués discrètement.
D'une façon générale, le monnayage de bronze (d'orichalque ou de cuivre) ayant une moindre valeur, s'éloignait beaucoup moins de sa région de frappe, contrairement aux monnaies d'or et d'argent qui servaient au grand commerce à travers tout l'Empire. Les populations locales étaient peu exigeantes sur le bon aloi des métaux, les poids de ces monnaies divisionnaires et encore moins les représentations. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque d'Auguste la Gaule était conquise depuis peu et le monnayage Gaulois des différentes tribus alentours cohabitait parmi les frappes de diverses origines, officielles ou non.
Pourtant, L'as de Nîmes au crocodile a dépassé de loin un rôle local et a circulé dans tout l'Empire, au même titre que n'importe quelle monnaie impériale. En cela aussi (et pour d'autre raisons développées par ailleurs), ce monnayage fait figure d'exception. Malgré sa légende (COL MEM), ce monnayage n'est pas considéré comme une monnaie coloniale locale, mais impériale. Naturellement, on parle des frappes officielles. Il est donc logique que ce monnayage ait été utilisé aussi pour des échanges commerciaux, en particulier avec l’Espagne voisine qui a frappé des monnaies locales qui, elles, ne circulaient pas en Gaule (les frappes d’Espagne ont cessé en 15 av. J.-C. au profit de l’atelier de Lyon). Malgré tout, l’as/dupondius de Nîmes restait une monnaie divisionnaire de faible valeur. Mais, devant la proliférations des contrefaçons, la validation d’un “bureau de change” était utile, même si celà n’était pas fréquent pour des as ou des dupondius. Les contremarques apposées par l'administration suffisaient à revalider localement la monnaie, mais pas forcément pour les échanges entre pays. Parfois, on observe à la fois une contremarque officielle et une marque de changeur. Sur cet exemple, on observe seulement 3 marques de changeurs, l'aspect officiel de la monnaie ne faisant pas de doute.
Contremarque PP gravée à la main
ANC-9- Au revers, les lettres PP (Pater Patriae) ont été gravées à la main sur le corps du crocodile... pour ressembler aux dupondius de Nîmes du type IV où figurent ces lettres systématiquement, mais à l'avers, devant chacun des portraits. Les lettres PP ont parfois été refrappées plus tard à l'aide d'un poinçon, indifféremment sur l'avers ou le revers (contremarque) pour revalider officiellement les frappes précédentes, mais ici, on n'est pas en présence d'une monnaie officielle, et la contremarque ne l'est pas non plus ! Voir monnaie T3-8